On distingue dans un logiciel le « code-source », qui est écrit par les programmeurs et se présente sous forme d’un langage structuré, compréhensible et modifiable par un humain, du « code binaire » uniquement lisible par la machine. On passe du code source au code binaire par une opération baptisée « compilation ». Les logiciels dits propriétaires, sont fournis directement en code binaire, sans le code source. On ne peut donc les modifier

D’où viennent les logiciels libres

À la fin des années 70, le laboratoire d’intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technology reçoit une nouvelle imprimante de marque XXXX, soumise à un mal récurrent : le bourrage de papier. Richard Stallman, l’un des informaticiens, tente de récupérer le code-sourcedu logiciel qui pilote l’imprimante et de le modifier pour réparer les erreurs de conception. C’est ainsi que Stallman et les autres informaticiens de sa génération ont toujours pratiqué. Mais les temps ont changé et le code du logiciel de l’imprimante n’est pas disponible, c’est la propriété de XXXX et la firme ne compte pas laisser quiconque y toucher.

Le premier objectif de l’Américain sera la conception d’un système d’exploitation (OS, operating system) complet pour ordinateur, un projet nommé GNU L’OS est l’élément logiciel fondamental de toute machine qui permet d’accéder aux éléments de l’ordinateur (clavier, écran, mémoire...) et de faire tourner les programmes. C’est une ressource stratégique, et à ce titre l’objet des plus acharnées des batailles de la high tech, car il est impossible de concevoir de nouveaux programmes sans disposer d’un accès aux informations de base du système d’exploitation. Son accès non discriminant est la condition nécessaire au développement de nouveaux services et logiciels. Ce n’est pas un hasard si Microsoft a connu deux procès anti-trusts, l’un aux États-Unis, l’autre en Europe, pour avoir abusé de son contrôle sur Windows. La firme de Gates a pris l’habitude d’écarter ses concurrents en restreignant l’accès à sa plate-forme par le biais de rétention d’information ou d’aménagements techniques favorisant ses propres logiciels. Ce pouvoir de discrimination est la conséquence directe de la propriété exercée sur l’OS, qui donne à Microsoft le contrôle de Windows.
En 1991, Linus Torvalds, un étudiant finlandais de l’université d’Helsinki, s’appuie sur son travail pour apporter la dernière touche à GNU et conçoit Linux, le noyau du système d’exploitation, la dernière pièce de l’ensemble. C’est le début de GNU/Linux, promis à une croissance fulgurante.